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Elena Ferrante – Le nouveau nom. L’amie prodigieuse II

Résumé:

«Si rien ne pouvait nous sauver, ni l’argent, ni le corps d’un homme, ni même les études, autant tout détruire immédiatement

Le soir de son mariage, Lila, seize ans, comprend que son mari Stefano l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qu’elle déteste. De son côté, Elena, la narratrice, poursuit ses études au lycée. Quand l’été arrive, les deux amies partent pour Ischia. L’air de la mer doit aider Lila à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano.

L’amie prodigieuse, Le nouveau nom et Celle qui fuit et celle qui reste sont les trois premiers tomes de la saga d’Elena Ferrante, qui se conclut avec L’enfant perdue.

Collection Folio (n° 6232), Gallimard

Parution : 03-01-2017 , 640 pages

Storia del nuovo cognome Première parution en 2016 – Trad. de l’italien par Elsa Damien

Source : Gallimard

Mon avis :

Voici le deuxième tome de L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante, où nous poursuivons l’histoire de Lila et Elena, dans les années 60′ en Italie. Cette fois-ci, le tome II touche leur adolescence, en commençant par le fameux mariage de Lila.

Je diviserais le livre sur deux parties principales : les vacances à Ischia, où le narrateur raconte l’histoire qu’il a vu et vécu lui-même, ensuite tout ce qui arrive après cet été – croyez-moi, il y arrive beaucoup de chose ! Là, le discourt du narrateur n’est pas toujours direct, car il ne participe pas aux événements qu’il raconte. Il les apprend par Lila ou les personnages au second plan. Tout comme dans le 1er tome, Elena Ferrante continue sur sa lancée et nous propose un tres bon livre. Elle nous attire avec les petites histoires quotidiennes de nos personnages et nous fait plonger dans les événements socio-politiques de l’Italie, ainsi que dans le monde entier. La guerre froide, la révolution algérienne ou encore la puissance croissante des communistes et de l’URSS marquent les personnages et forment leur discours.

« C’est ce qui se produisit le jour où Lila fit un exposé sur Vivre à Hiroshima. Une discussion très tendue s’ensuivit parce que si Nino, comme je le compris, était certes très critique envers les États-Unis et n’appréciait pas que les Américains aient une base militaire à Naples, il était néanmoins attiré par leur mode de vie et se disait désireux de l’étudier ; du coup, il fut un peu vexé lorsque Lila affirma, en gros, que lancer les bombes atomiques sur le Japon avait été un crime de guerre, voire même pire qu’un crime de guerre – plutôt un crime d’orgueil. »

page 296

Après le 1er tome, je vous avais dit, que je n’appréciais pas Lila. Je vous avoue que « Le nouveau nom » n’a pas changé mon avis sur ce personnage. Mais, en quelque sorte, on se rend compte, que son comportement insupportable vient souvent d’un mécanisme d’autodéfense. Son enfance n’etait pas facile, l’adolescence l’est encore moins. Un bon exemple pour montrer que l’auteure a bien développé l’aspect psychologique de ses héros.

L’amitié de Lila et Elena passe par des moments difficiles. Cette relation étrange possède autant d’admiration que de douleur et de cruauté. L’un et l’autre rivalisent sans cesse, en cachant leurs vraies émotions et leurs rêves.

Enfin, il y a quelques points que j’ai moins apprécié. Le changement de discours par exemple, lorsque Elena (le narrateur) nous transmet les informations qu’elle a obtenu de la part de ses amis. Je trouve ce changement de style un peu trop brutal et le livre perd un peu de son charme. Ensuite, il s’agit du comportement de Stefano (le mari de Lila). D’abord, il est décrit avec détails et présenté comme un grand problématique à travers des dizaines de pages, puis le sujet disparaît sans un mot d’explication pour revenir peu développé à la fin du livre…

 » Je ne posai pas d’autres questions, je ne voulais à aucun prix être à nouveau absorbée par les histoires de Lila. Mais pendant un moment, je me surpris moi-même à me demander : que peut-elle bien avoir en tête ? pourquoi veut-elle brusquement travailler dans le centre ? »

page 408

Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous le recommande chaudement! Ce livre s’inscrit rapidement dans nos pensées et ne permet pas de le lâcher. Avant commencer ce tome II, je me disais : « mais après, tu fais une pause et tu prends un autre auteur« .. . et en fait, je regrette déjà de ne pas encore acheter le tome III !

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