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ZYGMUNT MIŁOSZEWSKI, LE N° 1 DE POLAR ÉTRANGER DE 2016

QUI EST MIŁOSZEWSKI ?

La réponse connue par chaque polonais, mais pas forcément par les lecteurs français. L’écrivain, scénariste, journaliste de Newsweek, 42 ans, vit et travaille à Varsovie.

QUEL HÉRITAGE LITTÉRAIRE ?

Miloszewski compte déjà de nombreuses œuvres, mais il est devenu beaucoup plus connu grâce à sa trilogie de roman policier, où nous rencontrons le personnage principal – Théodore Szacki, procureur qui suit les enquêtes criminelles dans tous les trois romans.

La trilogie commence par le roman «Les impliqués ». Le roman se déroule à Varsovie, capitale de la Pologne, où Szacki débutait sa carrière, s’est marié et vit avec sa femme et sa petite fille. Le personnage principal est convoqué pour une affaire où un cadavre découvert était un participant de la psychothérapie groupale extraordinaire. Cette psychothérapie basée sur la théorie psychologique de Bert Hellinger, qui met en œuvre une méthode des constellations familiales. Déjà, l’intrigue inventée par Miloszewski est bien réalisée. Un groupe d’inconnus, qui jouent des rôles de membres de leurs familles et créent ensemble un lien unique, spirituel, riche en émotions profondes et douloureuses.

Puis, il y a ce personnage un peu extravagant, cynique, Mr Théodore Szacki. D’un côté, il représente un gardien de la paix et de la justice, qui effrait les méchants, ainsi que les collaborateurs. Toujours élégant, intelligent et très professionnel. Son travail passe toujours avant le reste, devant tout et tout le monde, même sa femme. De l’autre côté, Szacki n’a que 35 ans, mais il est déjà ennuyé et fatigué par sa vie. Tant qu’il est bien organisé sur le plan professionnel, il n’y est pas du tout dans sa vie personnelle et il n’arrive pas à gérer ses émotions, ni maintenir des relations stables avec sa famille.

Le 1er roman de cette trilogie était un grand succès. Tout d’abord en Pologne, puis à l’étranger.

Cela n’est pas surprenant, car l’auteur implique parfaitement des éléments de la culture et de l’histoire Polonaise. Par exemple : le lien avec les années communiste de la République Populaire de Pologne (PRL) ou l’antisémitisme polonais.

Deuxième polar de ce cycle s’appelle « Un fond de vérité », traduit en français en 2015. Cette fois, Miloszewski emménage le procureur dans une très belle ville polonaise – Sandomierz, après la séparation avec sa femme. Dans ce roman, excepté l’intrigue bien intégrée, nous pouvons profiter d’une belle représentation de la ville. L’écrivain a réussi à mélanger ces meurtres avec la beauté de la ville, tout en gardant le charme de Sandomierz.

Dans ce livre, Szacki doit trouver le tueur d’une femme, enseignante de l’école. Ce qui ne sera pas facile compte tenu des convictions de la société fermée d’une toute petite ville…

Le dernier roman qui ferme la trilogie est « La Rage », publié en France en 2016 par Les Editions Fleuve, traduit, comme les deux précédents, par Kamil Barbarski. Malgré le fait que Miloszewski a reçu le Prix Transfuge du meilleur polar étranger pour ce livre, les Polonais l’ont trouvé beaucoup moins bien à cause de la fin, qui selon les lecteurs « ne colle pas ». Personnellement je ne la trouve pas ennuyante, elle ne m’a pas fatiguée non plus, mais c’est mon propre avis.

Dans « La Rage », notre héros change encore une fois de domicile et nous le retrouvons à Olsztyn, une région de lacs . La dernière enquête de Theodore Szacki commence dans un ancien bunker, où ils trouvent le squelette d’un allemand, brûlé par des armes chimiques. Puis, il y a cette rage qui fait aussi le lien avec notre héros, car dans la vie du procureur il y a quelques changement : nouvelle femme, nouveau collaborateur, et l’arrivée de sa fille adolescente… Heureusement, le cynisme du personnage principal et son humour noir de bon goût sont toujours bien présents.

Ce livre touche également la problématique de la violence conjugale, surtout envers les femmes. Et ce qui est le plus important dans cette histoire : est l’indifférence de la société, qui voit et ne réagit pas.

Comme je l’ai déjà mentionné, Zygmunt Miloszewski, est devenu très connu grâce à ces trois polars. J’ai lu et je confirme, çela vaut le coup ! Même si les romans policiers ne vous attirent pas, ceux-ci sont d’un haut niveau de la littérature. Tout cela, grâce au style littéraire, à la complexité des intrigues, aux éléments socio-culturels, historiques et avant tout, aux réflexions qui viennent après la lecture.

Les romans de Miloszewski ont été traduits en 17 langues, qui (je crois) confirme suffisamment sa réussite. En France, l’écrivain a été finaliste du Grand Prix des lectrices de ELLE, du Prix du polar à Cognac et du Prix du polar européen du Point. 

PS. Pour les parisiens : vous pouvez par exemple trouver sa trilogie en occasion à Gibert.

PS 2. J’ai rencontré Mr Miloszewski il y a 2 ans, dans la librairie Le Divan à Paris, à l’occasion de la parution « La Rage » en traduction française. Il a bien rigolé de mon gros bouquin, qui contient toute la trilogie.

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