Chroniques littéraires,  Littérature américaine,  Roman de guerre

« LE CHANT DU ROSSIGNOL » DE KRISTIN HANNAH

Voici ma dernière lecture avant de reprendre les études et de me plonger dans des choix précis de mes profs. J’en ai profité pour lire un livre en polonais et pourquoi pas quelque chose de suffisamment « facile à accrocher ». J’ai donc décidé de prendre « Le chant du rossignol » de Kristin Hannah, que j’ai empreinté à ma maman la dernière fois que je suis allée en Pologne.

Un bestseller mondial… L’histoire se déroule pendant la Seconde Guerre Mondiale… Même si le contexte de la guerre n’est jamais joyeux, la 4ème de la couverture m’a renseigné tout de suite, que c’est un roman plutôt sociologique, que le roman classique de guerre. Il traite des relations familiales.

Je me suis dis « trop bien ! Je vais adorer, je vais me faire plaisir ». Mais finalement, pas tant que ca …. !

QUELQUES MOTS SUR L’HISTOIRE :

Nous rencontrons deux sœurs françaises : Vianne et Isabelle Rossignol. Vianne, plus grande, d’esprit calme, responsable, stable, qui vit avec son mari et leur enfant à la campagne. Nous avons donc ici un exemple parfait de femme qui suit les règles de la société. Ensuite, un volcan d’énergie, Isabelle, qui ne respecte rien et s’oppose à tout le monde. Dès le début du roman, nous apprenons quelques éléments de base concernant l’histoire de la famille et leur enfance difficile. Premièrement, la mort de leur mère lorsqu’elles étaient petites, puis abandonnées par leurs père qui est revenu de la Grande Guerre complétement changé, préférant noyer son chagrin dans l’alcool. Chacun d’entre eux vit sa propre vie, toujours en souffrance d’être loin l’un de l’autre. Tout cela, jusqu’au moment où la Seconde Guerre mondiale commence.

L’idée de ce livre, je la trouve excellente ! L’histoire seule est très intéressante et touchante. Mais j’ai également bien aimé avoir certains éléments concernant la résistance française (Cela m’a fait pensé à la série télé « allo, allo » :)). En revanche c’est la mise en forme du roman qui m’a dérangé. Le style littéraire de l’écrivaine. En fait, je voudrais souligner que je n’ai pas lu la version originale en anglais, je ne peux donc pas constater si cela vient de l’auteur ou du traducteur anglo-polonais. Je ne connais pas non plus la traduction française. (Si vous l’avez lu, j’aimerais bien avoir vos avis !)

Je vais essayer de vous expliquer ma problématique en donnant quelques exemples (attention, je vais citer la traduction polonaise faite par la traductrice Mme Barbara Górecka) :

A mon avis, nous pouvons diviser le roman en (au moins) 3 parties, qui malheureusement ne vont pas bien ensemble. Le style d’écriture change tout le temps, ce qui donne l’impression d’avoir plusieurs auteurs. En conséquence, le lecteur se sent perdu et il ne sait pas quel est le but de l’écrivaine.

La première partie commence très bien. Nous y retrouvons l’introduction pleine de promesse, un peu de mystère, la problématique des relations familiales est complexe mais bien expliquée. Tout est clair et malgré le contexte guerrier, c’est très léger à lire. J’étais contente ! C’est ce qu’il me fallait !

En passant par cette première bonne impression, nous rentrons, petit à petit, dans des répétitions et des explications inutiles. Je n’aime pas quand un auteur, prend le lecteur pour quelqu’un, qui ne peut réfléchir par lui même. Ça me dérange donc quand il ou elle, explique tout à de multiples reprises… Encore une autre chose de perturbant est le langage. Alors là, je dirais que j’ai eu l’impression d’avoir pris un livre pour adolescents… Les dialogues sont infantiles, surtout l’histoire d’amour. J’étais très déçue.

« W pewnym momencie – nie wiedziała kiedy – zamkneła oczy i położyła mu rękę płasko na brzuchu, czując jak wznosi się i opada w rytm oddechu. Jakby pod dlonią miała kołyszące się lekko fale letniego morza. Zasneła z ręką na ciele Gaëtana. »

Ensuite, nous plongeons dans le roman populaire, un roman d’amour. L’écrivaine consacre énormément de pages pour décrire la relation étrange qui se crée entre Vianne et un officier allemand, qui réside dans sa maison. Je suis donc passée du roman consacré aux adolescent(e)s, au roman qui essaye d’attirer l’attention des vieilles dames à la retraite. Il n’y avait plus de guerre, ni de résistance, ni d’histoire profonde d’une famille française. Au lieu de cela, j’ai trouvé des descriptions de petites rencontres dans le jardin, de tensions sexuelles, de regards en cachette. En plus, ça n’a eu aucune réelle importance dans le cheminement de l’histoire… En un mot : un harlequin.

La dernière partie devient beaucoup plus sérieuse et démontre quand même du talent de l’écrivaine. Elle décrit les déportations, les camps de concentration, tous les événements historiques (en prenant pour exemple ses personnages) de façon merveilleuse ! Elle nous rend émus, présente ce qui est difficile, de manière accessible, mais aussi relativement belle. Heureusement, je n’ai pas abandonné la lecture, parce que cette partie vaut vraiment le coup. Malheureusement, nous avons toujours un peu partout de langage familier et des dialogues infantiles, ce qui gâche beaucoup la lecture (« Po raz pierwszy o tym wszystkim słyszy. Po raz pierwszy w życiu dostrzega między nami bardziej zatokę niż most. Teraz nie jestem po prostu jego matką, jego przedłużeniem. Jestem pełną kobietą, on zaś nie wie, co ma z tym fantem zrobić. – Isabelle, która powróciła z obozu koncentracyjnego, nie była tą samą kobietą, która przeżyła bombardowanie Tours i wielokrotnie przeszła przez Pireneje. »)

Enfin, ce n’est que mon avis. Je vous admets que je n’ai pas été emballée par ce roman et je me pose une question, comment est-il possible, que l’écrivaine a reçu des prix littéraires pour ce livre… Après, je respecte le fait que chacun peut avoir son gout ou ses besoins d’un moment à l’autre.P

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